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L'événement promet d'alimenter le feu des vieilles rancoeurs franco-britanniques : c'est à l'architecte Jean Nouvel qu'échoit l'honneur de signer le 10ème pavillon de la Serpentine Gallery  de Londres, à l'occasion des 40 ans de l'incontournable institution. Le pavillon français flottera donc sur les jardins de Kensington, et le bâtiment d'un rouge flamboyant s'érigera non loin du monument à la mémoire de la princesse Diana.

Le rouge éclatant choisi pour la construction s'oppose parfaitement au vert du gazon anglais. Officiellement, il s'agirait d'un hommage aux emblématiques "cabines téléphoniques, boîtes aux lettres et bus" du pays. Officieusement, on serait tentés d'y voir un magistral et vermillon pied de nez de Jean Nouvel adressé au Prince Charles.

On se souviendra de la véhémence avec laquelle ce dernier s'était opposé, dès 2005, au projet de l'architecte français, "One new change", jouxtant la cathédrale Saint-Paul. Ironie du calendrier, la construction de chacun des bâtiments devrait s'achever peu ou prou au même moment.

La "bête noire du Prince Charles", comme le titrait la presse britannique, inaugurera-t-elle le bâtiment d'acier, de polycarbonate, de verre et de tissu autour de la table de ping-pong ? Plaisanterie qui enfonce le clou, le tennis de table ("tradition typiquement française", précise-t-on à la Serpentine) sera, grâce à Nouvel, à l'honneur dans Hyde Park.

La critique anglaise en frémit d'impatience : pour Tom Dyckhoff du Times, le projet dévoilé sort "tout droit d'un film de science fiction" et sa couleur donne mal à la tête. Plus inquiétant encore, sa structure en porte-à-faux, tendue vers le ciel, serait même "macho" (faut-il traduire par "virile" ?). Magnanime, admet cependant laisser une chance au projet : "The pavilion design's will prove there’s life in the old dog yet, or put dancing shoes on a corpse. Either way it’ll be a show not to miss". Voilà qui se passe de traduction.

Chaque année, la plus populaire des galeries d'art contemporain de Grande-Bretagne organise une compétition, à l'issue de laquelle un architecte de renom est désigné pour imaginer un nouveau pavillon. Chaque création de Rem Koolhaas, Zaha Hadid, SANAA, Olafur Eliasson, Oscar Niemeyer, ou Frank Gehry a par par la suite été vendue : la galerie Serpentine ne dispose pas des fonds propres nécessaires au financement de ces projets d'envergure. Le mécénat privé ( auquel s'additionnent les résultats de la vente de chaque pavillon) permet de réitérer chaque année la spectaculaire opération,.

 

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source Serpentine Gallery